Petite fête de fin d’été
Le Parti Préhistorique est heureux de vous inviter à une ‘tite fête improvisée de fin d’été à la Petite Echelle (son QG de terrain), samedi 11 septembre.
Au programme :
15 h environ : cueillette de champignons (et autres plantes sauvages d’autome) au hasard dans les forêts du Haut-Doubs
18 h : récital de piano (par notre ami Isidore)
19 h : on verra bien…
Des chasseurs-cueilleurs, il y en a encore…
… On contemple avec une nostalgie compassée nos ancêtres chasseurs-cueilleurs, on s’offre des nuits sauvages, on échange des recettes de plantes sauvages comestibles, et on titube sur leurs traces. Il en existe pourtant encore de ces peuples nomades qui vivent de la cueillette, de l’eau des puits, de la chasse et de savoirs ancestraux… qui pratiquent une médecine chamanique dansée, des rituels de fumigation et autres coutumes transmises oralement. Ce sont nos contemporains, ils sont exterminés, et jamais nous ne nous en émouvons au PP.
Plus urgent encore que les indiens d’Amazonie, ou les Papous, il y a les Bushmen, qui ne sont plus que 100 000, et que le gouvernement botswanais parque , ennivre, empoisonne et décime volontairement. Des dons sont possibles pour les aider à lutter directement contre un gouvernement oppresseur.
Le site anglais de Kgeikani Kweni des indigènes du Kalahari
Le site français de Survival International (le mouvement pour les peuples indigènes) consacré aux Bushmen

Sur le sacrifice : la théorie girardienne… et sa critique
(suite de l’article précédent)

René Pommier s’est fait une spécialité de démonter les systèmes, déboulonner les statues, démystifier les imposteurs. Après notamment Freud et Barthes, il s’en est pris à Girard dans un ouvrage dont le titre coup de poing résume assez bien le ton et le contenu : René Girard, un allumé qui se prend pour un phare (Kimé, 2010).
Sur le fond, que ce soit pour la thèse du désir mimétique énoncée dans Mensonge romantique, vérité romanesque, ou dans ses extensions ultérieures avec la théorie du sacrifice du bouc émissaire ou sa lecture du christianisme, René Pommier dénonce un procédé qui ne peut bluffer que les lecteurs naïfs : René Girard assène des vérités extravagantes et arbitraires avec d’autant plus d’autorité, d’autant moins de nuance, qu’elles ne sont issues d’aucune recherche de terrain, tirées d’aucune observation concrète. Et s’il ne les étaye quasiment que d’illustrations tirées de la seule littérature, René Pommier démontre qu’il n’hésite pas à fausser et déformer les textes qu’il sollicite afin de leur faire dire ce que les auteurs n’avaient jamais songé à dire, voire tout le contraire de ce qu’ils avaient vraiment dit.
Sur la forme, il pointe et se moque de l’inaltérable mégalomanie du personnage, persuadé que ses thèses éclairent l’épopée humaine d’une aveuglante évidence. Quant aux savants, philosophes et autres grands esprits qui l’ont précédé, il ne leur manquait bien évidemment que sa théorie pour pouvoir véritablement aller au fond des choses. Le comble du comique, dans la présomption et l’outrecuidance, est atteint, selon René Pommier, lorsque René Girard, récemment converti, se prétend être le premier à avoir vraiment compris le sens profond des Evangiles et invite les chrétiens à abandonner au plus vite leur vision du christianisme pour se rallier à la sienne.
Il est vrai qu’il est né un 25 décembre et que ce ne saurait être un simple hasard !
Sur le sacrifice : la théorie girardienne…
René Girard est un de nos grands intellectuels. Professeur à Stanford, récent académicien, considéré par Michel Serres comme le “Darwin des sciences humaines” (excusez du peu !), il est célèbre pour sa théorie du désir mimétique et son corrolaire : celle du bouc émissaire.
Tentons de résumer la logique de la thèse (somme toute assez simple) qu’il ressasse et développe d’ouvrage en ouvrage : L’humain ne peut désirer que ce qu’un autre humain désire. Le congénère étant à la fois le modèle et le rival, cette imitation mène immanquablement au conflit. Le mécanisme du bouc émissaire est alors un dispositif apparu au cours de l’évolution (sans doute accidentellement mais conservé ensuite) permettant de canaliser la violence collective suscitée par ce désir mimétique en la rejetant sur un seul individu jugé responsable de la crise sociale. Une fois sacrifié, le bouc émissaire est ensuite sacralisé et les rituels de commémoration de cet assassinat primordial permettent tout autant de conjurer le retour du chaos qui menace que de structurer tabous, normes et organisation sociale.
…/…
La névrose chrétienne: fondement de la modernité occidentale
Et si on abordait la modernité occidentale sous l’angle pathologique de la névrose en se disant que finalement toutes les difficultés qu’elle rencontre aujourd’hui (et depuis pas mal de temps) sont celles de tout névrosé; et même osons remarquer que la névrose est le choix existentiel le mieux adapté à cette modernité. En somme l’injonction de la modernité occidentale est la suivante: “Pour réussir dans la vie sois névrosé, mon enfant !”
Lugnasad

Après Samain, Imbolc et Beltaine, voici le temps de la quatrième grande fête celte rythmant l’année : Lugnasad.
Célébrée le 1er août, Lugnasad est (d’après Wikipédia) “la fête du roi dans sa fonction de redistributeur des richesses et d’équité, sous l’autorité des druides. C’est une trêve militaire qui célèbre la paix, l’amitié, l’abondance et la prospérité du royaume. Elle est obligatoire et réunit les trois classes (sacerdotale, guerrière et artisanale) de la société celtique.
Elle est décrite comme une foire de commerce, mais aussi une occasion de régler les contentieux, de célébrer des mariages, d’entendre des poètes et des musiciens. S’il n’y a pas de sacrifice ni de cérémonie religieuse, on y fait des jeux et des courses, similaires aux Olympiades grecques.”
Je ne sais pas comment raviver cette ancestrale tradition (d’autant que la connaissance qu’on en a est assez floue).
Cette date ne me semble cependant pas sans signification : en plein coeur de l’été astronomique, elle en marque en quelque sorte la fin au niveau “phénoménologique”. Moins de lumière (le raccourcissement des jours commence à se ressentir), départ des Martinets, bref fin de la folie estivale : nous entrons dans la saison des récoltes.
Fructueux Lugnasad, donc !
L’étrange (et souriante) tribu des Pirahâs

C’est grâce à Daniel L. Everett que nous connaissons les Pirahâs. Ce linguiste anthropologue américain a en effet passé plus de sept années dans cette petite tribu d’Indiens d’Amazonie et fait le récit de cette étonnante expérience dans un ouvrage paru en 2008 et traduit en 2010 par Flammarion sous le titre : Le monde ignoré des Indiens pirahâs.
Et l’on découvre une tribu singulière et vraiment déroutante :
“Un groupe de visiteurs, des psychologues du département des neurosciences cognitives du Massachussets Institute of Technology, m’ont fait observer qu’ils paraissent être le peuple le plus heureux qu’ils aient vu au monde. Je leur ai demandé comment vérifier une telle déclaration. Ils m’ont répondu qu’on pouvait mesurer le temps que le Pirahâ moyen passait à sourire et à rire, puis le comparer avec le nombre de minutes que souriaient et riaient les membres d’autres sociétés, comme les Américains. Les Pirahâs gagneraient haut la main, disaient-ils. Parmi la vingtaine de groupes amazoniens isolés que j’ai étudiés ces trente dernières années, seuls les Pirahâs font preuve d’un bonheur aussi inhabituel. Presque tous les autres Indiens semblent souvent maussades et renfrognés, tiraillés qu’ils sont entre le désir de préserver leur autonomie culturelle et celui d’accéder aux biens du monde extérieur. Les Pirahâs ne connaissent pas ce genre de conflit.”
Quel est donc leur secret ? En quoi leur rencontre peut-elle être celle de l’altérité radicale ? Réponses dans les commentaires…
Renaissance de l’homme Epiméthéen

“[...] Le monde des primitifs est gouverné par le destin, les faits et la nécessité. En dérobant le feu céleste, Prométhée changeait cela, les faits contraignants se muaient en problèmes à résoudre, alors qu’il mettait en doute la nécessité et défiait le destin. L’homme pouvait alors prendre le monde au piège du réseau de ses routes, de ses canaux, de ses ponts, créer un décor à sa mésure. Il prenait conscience de pouvoir affronter le destin, de changer la nature et de façonner le milieu où il vivait, bien que ce fût encore à ses risques et périls. L’homme contemporain veut aller plus loin : il s’efforce de créer le monde entier à son image. Il construit, planifie son environnement, puis il découvre que pour y parvenir il lui faut se refaire constamment, afin de s’insérer dans sa propre création.
[...] Il s’est armé d’outils tout-puissants mais ce sont ses outils qui le dirigent. Toutes les institutions, par lesquelles il entendait exorciser les maux originels, sont devenues des cercueils dont le ouvercle se referme sur lui. Les êtres humains sont pris au piège : prisonniers des boîtes qu’ils fabriquent pour enfermer les maux que Pandore avait laissé échapper.
[...] Dans les pays capitalistes, communistes et “sous-développés”, une minorité commence d’apparaître qui éprouve un doute, se demande si l’homo faber est bien l’homme véritable. Et c’est ce doute partagé qui annonce une nouvelle élite, à laquelle appartiennent des personnes de toute classe, de revenus divers, de croyances différentes. Elles se méfient des mythes de la majorité : des utopies scientifiques, du diabolisme idéologique et de cette attente du jour où les biens et les services seront enfin distribués de façon égale. Elles partagent cependant avec la majorité le sentiment d’être pis au piège, la conscience que la plupart des nouvelles dispositions politiques adoptées avec un large soutien populaire conduisent à des résultats opposés à ceux que l’on se proposait d’accomplir. Pourtant, alors que la majorité prométhéenne des aspirants astronautes veut encore se dissimuler le problème fondamental, cette minorité en voie d’apparition commence de critiquer le Deus ex machina scientifique, la panacée idéologique et la chasse aux démons et aux sorcières. Cette minorité commence d’exprimer sa méfiance à l’égard de nos institutions contemporaines qui nous lient comme les chaînes tenaient Prométhée à son rocher. Il faut que l’espoir confiant et l’ironie classique (eirônéia) s’unissent pour dénoncer l’erreur de Prométhée.
[...] Il nous faudrait maintenant un nom pour ceux qui croient à l’espoir plus qu’aux espérances, [...] un nom pour ceux qui aiment la terre sur laquelle nous pouvons nous rencontrer [...] Pourquoi ne pas appeler ces frères et ces soeurs, porteurs de notre espoir, les Epiméthéens ?
(Ivan Illich, Une société sans école, Seuil, 1971)
De l’influence du PP sur les méthodes pédagogiques

Mais quelle mouche m’a donc piqué ?
Je commençais à pouvoir ronronner tranquilou dans ma classe de CM1 et voilà qu’au détour d’un départ en retraite d’un collègue me toque l’idée de changer non seulement de niveau mais de méthodes d’enseignement. Aux oubliettes, donc, le “frontal” traditionnel ! L’année prochaine, si le fruit de mon labeur estival parvient à maturité, j’explore le CM2 en pédagogie “Freinetique”. Enfin, c’est peut-être un bien grand mot qui ne veut pas dire grand chose. Disons que j’envisage d’aborder la classe tout autrement.
Quelque chose me dit que les diverses cogitations du PP ne sont pas pour rien dans cette soudaine mutation…
Retour sur la 1ère rencontre des “cuistos sauvages”

CitronVert l’ayant très bien fait, avec moults détails, ici, ici et là, je ne reviendrai pas sur le déroulement du week-end et me concentrerai sur ce qui était pour moi le premier objectif : le partage des recettes.
Voici donc celles que nous avons pu tester
Tofu à l’aspergette (CitronVert)

1 saladier d’aspergettes (ornithogale des Pyrénées)
200 g (environ) de tofu
1 gousse d’ail
huile neutre
sauce de soja, sauce d’huître et vin de riz
Faire frire le tofu coupé en deux dans le sens de l’épaisseur jusqu’à avoir les deux faces assez croustillantes, puis les laisser refroidir avant de le couper en morceaux carrés ou rectangulaires selon votre envie.
Ecraser une gousse d’ail dans sa chemise et la faire frire dans de l’huile neutre à feu fort, immédiatement verser le tofu et les aspergettes ensemble, touiller et bien mélanger, verser un peu de vin de riz, de la sauce d’huître et de la sauce de soja. A feu fort trois ou quattre minutes suffisent, les aspergettes doivent rester
croquantes.
(Recette inspirée de : http://sauvagement-bon.blogspot.com/2010/05/ble-des-bois.html)
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Aux explorateurs de l’inconnu qui aiment apprendre en faisant un pas en arrière sur le chemin des ancêtres.
Pascale Arguedas
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